Le projet d’Aline Mercan est monumental et pourtant il tient en deux mots : définir ce que guérir veut dire, dans notre médecine et dans les autres.
Tapez le mot guérir ou guérison dans un moteur de recherche : apparaissent instantanément une multitude d’ouvrages et de séquences, le sujet étant manifestement très bankable. Curieusement, les médecins en sont quasiment absents, alors que toutes sortes de thérapeutes, gourous et guérisseurs fourmillent sur les pages. Les médecins avons fait vœu, et même serment, de mettre leur compétence au service de la guérison. Mais ils n’ont pas le droit de le dire. Guérir fait partie de ces mots dont la fréquence d’usage est inversement proportionnelle à la clarté des concepts qu’il sous-tend.
Sous le regard lucide d’Aline Mercan, médecin et anthropologue de la santé ayant elle-même fait l’expérience de la maladie, notre puissante biomédecine occidentale apparaît enfin pour ce qu’elle est : une médecine parmi d’autres, qui gagnerait à identifier ses angles morts. C’est l’espoir qui fonde son propos profondément humaniste : affiner et élargir notre regard sur les maladies qui nous frappent parfois, pour apprendre à mieux les soigner.
Plutôt que de les hiérarchiser, Aline Mercan s’attache à prendre au sérieux l’incroyable palette d’outils et de discours que les humains ont déployée pour rester en bonne santé – ou tout simplement en vie. C’est une autre histoire de l’humanité qui s’y dessine, peuplée de miraculés et de chirurgiens, de prosélytes et d’herboristes, des premiers cancers jusqu’aux dernières épidémies modernes.
Médecin nutritionniste, phytothérapeute et anthropologue de la santé, Aline Mercan se consacre aux soins de support en oncologie, à l’enseignement, à la recherche et à l’écriture. Elle est l’autrice d’ouvrages d’ethnobotanique, du Traité de phytothérapie écoresponsable (Terre vivante, 2021), de Reprendre sa santé en main dans la collection « Je passe à l’acte » (Actes Sud, 2024) et Guérir, ce que soigner veut dire (Actes Sud, 2026).
